Le plaisir de la découverte

L’amour du vin : le plaisir de la découverte | TonSommelier.com

Mon premier vin était un rouge. Évidemment. Un rouge puisque les blanc nécessitent d’être mis à froid pour être bu, et que la jeunesse ignore la patience quand il y a une occasion pour boire !

Le premier vin qui m’a charmé, un chianti, plus précisément Chianti Carpineto, est impossible à séparer du contexte dans lequel je l’ai bu. Le moment où j’ai compris la beauté du mariage « vin et plat », de l’existence d’une complémentarité entre ce que l’on boit et ce qu’on mange. Ici, il s’agissait d’un simple plat de tortellini rosé, mais chaque gorgée de vin, chaque bouchée de pâte, était presque une révélation. Ça faisait du sens. Et pourtant, je ne pouvais ignorer que mon choix était basé par mon attrait pour le coq noir sur la bouteille. Mais pour moi ce gallo nero symbolisait cette Toscane véritable, aussi appelé le cœur vert de l’Italie.

À ce moment, plus rien ne m’empêchait, à 18 ans, d’aller dénicher d’autres chianti ou rouge toscans et de les déguster… L’univers du vin s’ouvrait à moi.  Ainsi, la petite succursale SAQ express de mon quartier a vite atteint sa limite au niveau de son offre. À l’époque, les sections Cellier n’existaient pas et je devais me rendre aux succursales Sélection pour satisfaire ma curiosité. Je pensais qu’un vin corsé ne pouvait être qu’un chianti, ma seule référence, mon premier amour. Pas mal pour un premier non plus ! Facile d’être charmé par ce beau fruit au nez, comme de la prune, de la cerise noire, un côté de chêne. Puis, en bouche une facilité à boire, couplé avec une certaine charge tannique couplée et une fraîcheur équilibrant le tout. Mais, le monde du vin était vaste, j’en étais conscient…

Ensuite, en lisant sur le vin, j’ai découvert les bordeaux et puis un autre chapitre a commencé. Pour moi, la pasta, et bien, il y avait mille manières de la préparer. Ce qui m’a permis d’en cuisiner à chaque jour ou presque pour accompagner mes dégustations. L’enjeu était le suivant. J’avais gouté à une dizaine ou quinzaine de rouges toscans. J’ai donc commencé à regarder d’autres rayons puis à demander l’avis des conseillers à la SAQ. On me dirigea vers un Cru Bourgeois, Château des Merles. Je m’en souviens encore. J’étais habitué à un certain style, une certaine présence en bouche. Ce Bordeaux, je le cherchais, j’essayais de le placer. Il était beaucoup plus discret que ce à quoi j’étais habitué. Mais, comme pour le chianti, c’est en mangeant que ce vin s’est révélé à moi. Cette fois, un plat de champignons, des portobello je pense, sautés aux herbes. Tout d’un coup, ce Cru Bourgeois devint magique, et je me réorientai vers Bordeaux. C’est ici que l’histoire se complique!

Les bordeaux ne sont pas donnés… Le prix du prestige qui ne reflète pas toujours la qualité. J’ai souvent été déçu par les bouteilles entre 20$ et 30$. Sélectionner un vin bordelais requiert du temps pour la recherche, pour véritablement dénicher les bouteilles de qualité. Un jour, moi et un ami avons partagé les coûts d’une bouteille à 50$, Amiral de Beychevelle, le 2e vin du château qui est à Saint-Julien. L’expérience était réussie, mais à quel prix ?

De cette manière, de chianti à bordeaux, j’ai fait mon chemin. Tranquillement, les blancs ont commencé à me plaire, plus tard les bulles… Mon point est le suivant : du premier amour, on en goûte ensuite d’autres et notre palmarès gustatif s’élargit. Certes je déguste encore des chianti de temps en temps. Je n’achète plus de Carpineto, mais j’apprécie ce que doit être l’âme d’un bon chianti : honnête, rustique — d’où sa beauté et j’imagine que quelque part les paysans toscans le boivent et sont aussitôt réconfortés.

Illustration/Carte © Quentin Sadler 2011

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